TEMPLEMARS GALLO-ROMAIN

Synthèse des découvertes de 1974 à 1996 Habitat, structures et nécropole
Depuis les années 1970, la commune de Templemars a fait l’objet de plusieurs opérations archéologiques majeures ayant révélé la présence d’un établissement gallo-romain étendu, organisé et durable. Les recherches successives démontrent qu’il s’agissait d’un habitat groupé à vocation agricole occupé du IIe siècle à la fin du IVe siècle ap. J.-C., associé à des structures d’habitation sur poteaux, des fossés d’enclos, des installations artisanales et à une nécropole en bordure du site.
Ce dossier présente les principales conclusions issues des fouilles menées entre 1974 et 1996, ainsi que l’interprétation scientifique actuelle du site.
Les premières données proviennent de sondages ponctuels autour de Templemars dans les années 1970 :
• 1974 zone Notre-Dame-des-Champs
Découverte d’un hypocauste romain (système de chauffage sous dalle), d’un grand dépotoir et d’une statue de Vénus accompagnée de monnaies.
Ces éléments suggèrent la présence d’un édifice résidentiel ou cultuel de haut niveau, probablement lié à une villa gallo-romaine ou à un bâtiment thermal.
• 1975 route de Ferrière
Découverte d’un four antique près du cimetière, interprété comme indice d’activité artisanale locale (probablement céramique ou métallurgie).
• 1977 Les Luyots
Mise au jour d’une voie romaine reliant Seclin à Templemars, confirmant une intégration de la commune au réseau routier secondaire impérial.
Ces découvertes isolées indiquaient déjà la présence d’un noyau gallo-romain, mais l’ampleur restait inconnue avant les recherches de 1979 puis 1996.
Les sondages menés en 1979 ont livré un matériel numismatique cohérent permettant de dater précisément la destruction des structures gallo-romaines découvertes sur place.
Les monnaies trouvées sur 4 m² indiquent un enfouissement situé peu après 340 ap. J.-C., grâce à :
• des imitations au nom de Constance II (postérieures à 337),
• la rareté des monnaies Gloria Exercitus à un étendard (335-340),
• l’absence des émissions Victoriae DD Auggg (postérieures à 341).
Ces données démontrent que les bâtiments recensés ont été abandonnés ou détruits à la charnière du milieu du IVe siècle.
Cette chronologie tardive constitue un élément majeur, le Nord de la Gaule connaissant alors une phase générale d’abandon rural.
Les fouilles ont également révélé plusieurs sépultures primaires en bordure du site.
Les inhumations observées présentent :
• des individus déposés allongés,
• articulations en connexion,
• orientation cohérente,
• absence de coffrage pierreux,
• rare mobilier associé.
Ces caractéristiques correspondent à des pratiques funéraires rurales gallo-romaines et tardo-antiques.
La présence d’une tombe accompagnée d’armement constitue un indice important de statut particulier (soldat, vétéran ou chef local).
L’existence d’une nécropole atteste que Templemars était un lieu de vie permanent et non un site agricole ponctuel.
En 1996, une opération portant sur 2 hectares a permis d’étudier pour la première fois le site sur une grande surface. Les résultats ont confirmé :
• l’existence d’un habitat groupé agricole,
• un réseau de bâtiments en bois sur poteaux,
• des fosses et fossés d’enclos,
• une occupation du IIe au IIIe siècle,
• suivie d’une persistance au IVe siècle.
Ces données révèlent l’organisation d’un véritable village rural gallo-romain, structuré et hiérarchisé.
L’ensemble des informations réunies permet aujourd’hui de définir clairement Templemars comme :
• un village gallo-romain,
• d’étendue importante (plusieurs hectares),
• habité en continu du milieu du IIe siècle jusqu’au IVe siècle,
• associant habitat, artisanat, voie de circulation et espace funéraire.
Cette permanence d’occupation place Templemars au rang des sites ruraux les plus importants du secteur Seclin-Lille antiques.
Interprétation historique générale
L’occupation ancienne de Templemars s’inscrit dans le modèle classique des campagnes romanisées du Nord :
• implantation d’un noyau d’habitat au IIe siècle,
• croissance et diversification au IIIe siècle,
• maintien jusqu’aux années 340 malgré les troubles politiques impériaux,
• disparition progressive ensuite, probablement sous l’effet des crises militaires et économiques du IVe siècle.
La présence d’un toponyme ancien dérivé de Templum Martis (“Temple de Mars”) gagne en plausibilité :
l’existence de bâtiments prestigieux, d’une voie antique et d’une nécropole structurée pourrait refléter un ancien site cultuel romanisé.
Conclusion
Les recherches archéologiques menées depuis cinquante ans démontrent que Templemars fut un centre rural gallo-romain d’envergure, composé d’un habitat groupé, d’infrastructures artisanales, d’un réseau viaire, d’un espace funéraire et probablement d’un bâtiment résidentiel de prestige.
La datation précise de la destruction des structures vers 340 ap. J.-C., selon la numismatique, offre un repère chronologique rare et précieux pour la région.
Templemars se distingue aujourd’hui comme un site majeur pour l’étude de l’occupation rurale gallo-romaine en Flandre romaine.














